Répartition des richesses - Hausse du pouvoir d’achat des actionnaires - FO 22/0202005
Les profits considérables des entreprises vont servir à gonfler les dividendes au moment même où les salariés se mobilisent pour l'augementation des salaires.
Les grandes entreprises affichent une santé insolente. La plupart d’entre elles présentent des résultats annuels 2004 en forte progression et pour certains records. Total a ainsi annoncé un bénéfice de 9,6 milliards d'euros (+23% sur un an), L'Oréal de 3,63 milliards (+143%), BNP Paribas de 4,66 milliards d'euros (24,1%), Société Générale de 3,13 milliards (+25%), Arcelor de 2,31 milliards (+800%), Schneider Electric de 565 millions d'euros (+30%). Des bénéfices plus que confortables qui vont surtout servir à régaler les actionnaires, dont les dividendes vont également faire de jolis bonds (+63,6% chez Schneider, +62% chez Arcelor, +37,9% chez BNP-Paribas, +32% à la Société Générale, +15% chez Total, +12,3% chez l'Oréal…). De quoi indigner les syndicats qui déplorent que cette explosion des profits ne génère ni emploi ni hausse du pouvoir d'achat. Ils demandent au gouvernement une impulsion politique pour l'augmentation des salaires, tant dans le public que le privé.
«Les résultats mirobolants des entreprises du CAC 40 ne sont pas sains, car ils ne procèdent pas d'une logique économique mais d'une exploitation forte des salariés et des entreprises sous-traitantes», estime Michel Lamy, (CGC) pour qui il convient d'avoir «un débat national» sur le sujet. La centrale des cadres appelle «les entreprises à revoir leur politique salariale en vue d'une redistribution» sachant que «la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé (…) par rapport à l'étiage des années 1970, il y a au moins 4 points à rattraper». Pour Jean-Christophe Le Duigou, (CGT) aussi, «l'explosion des profits des groupes du CAC 40 et des dividendes représente du jamais vu depuis 35 ou 30 ans». Une situation, selon lui, «extrêmement malsaine pour la société française» dans la mesure où «les groupes qui gagnent le plus sont ceux qui suppriment les emplois en plus grand nombre». Une allusion à Total qui s'apprête à supprimer 380 des 713 emplois de son usine d'Arkéma de Saint-Auban. Le constat est partagé par Annick Coupé (Union syndicale Solidaires) qui rappelle qu’une partie de «ces profits vient des restructurations dans les entreprises». Ce qui, selon elle, «pose une question de fond, celle de la répartition des gains de productivité réalisés par les entreprises» avec les salariés. À la CFDT, Rémi Jouan ironise sur le patronat qui «prétend que la croissance n'est pas assez forte, que la concurrence est trop rude, qu'il y a trop de charges, que si les salaires augmentent, ils vont délocaliser» alors que «quand on regarde les résultats on s'aperçoit qu'il y a une très bonne productivité et que les entreprises sont en bonne santé». Même son de cloche à FO : «Quand on voit les résultats financiers des entreprises, on se dit qu'aujourd'hui, c'est le jackpot pour les actionnaires et les fonds de tiroir pour les salariés» s’indigne son secrétaire général, Jean-Claude Mailly. Comme Jacques Voisin (CFTC) et la CGT, il réclame la convocation rapide de la commission nationale de la négociation collective, qui comprend l'Etat et les partenaires sociaux.
Cette situation présente «une certaine indécence» et justifie, selon Jean-Claude Mailly «pleinement la mobilisation avec arrêts de travail et manifestation, à laquelle appelle FO (avec la CGT et la CFTC) en conservant son slogan du 5 février: "augmenter les salaires, pas les horaires"». L’appel à la mobilisation s’adresse également aux salariés du public, rappellent les syndicats. Lesquels demandent au gouvernement de «rouvrir les négociations salariales dans la Fonction publique où il est employeur» pour donner une impulsion aux discussions dans le privé. Face à cette indignation générale, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin souhaite relancer la vieille idée de la participation et de l’intéressement des salariés aux bénéfices des entreprises. Il indique qu’il présentera prochainement des propositions dans ce sens. D’habitude si prompt à fustiger les blocages de l’économie française, président du MEDEF refuse pour sa part de s'exprimer sur ce sujet… indécent.
L'explosion des profits encourage les revendications salariales - L'expansion - 18/02/2005
Alors que les profits des entreprises du CAC 40 explosent, Force Ouvrière et la CGT dénoncent un "jackpot pour les actionnaires". Et, comme Dominique Strauss Kahn, demandent une négociation sur les salaires.
D'un côté, les manifestations en faveur d'une hausse du pouvoir d'achat. De l'autre, les profits records affichés par les entreprises du CAC 40 : 9 milliards d'euros pour Total, 3,63 milliards pour L'Oréal, 2,3 milliards pour Arcelor, pour ne citer qu'eux. Ce hiatus ne manque pas de susciter des réactions d'indignation, notamment chez les syndicats. Ainsi, Jean-Claude Mailly, leader de Force Ouvrière, a dénoncé vendredi « un jackpot pour les actionnaires » : les dividendes versés à ceux du CAC, selon JCF Groupe, devraient en effet bondir de 26% cette année, contre 17% en 2004. De même, Jean-Christophe le Duigou, le "M. Economie" de la CGT, a assuré vendredi que « l'explosion des profits » était « extrêmement malsaine pour la société française et très dangereuse pour l'économie ».
Stigmatisant la contradiction qui veut que « les groupes qui gagnent le plus sont ceux qui suppriment les emplois en plus grand nombre », il appelle le gouvernement à organiser un « Grenelle des salaires », en référence aux réunions qui s'étaient déroulées au ministère du travail juste après Mai 68. Cette demande est largement partagée à gauche. Jeudi soir, lors de l'émission 100 minutes pour convaincre, Dominique Strauss Kahn a ainsi assuré que « nous devons réviser la façon dont évoluent les salaires et les profits dans notre pays », affirmant ensuite : « je crois à la politique des revenus ». Une politique qui consisterait à démarrer une négociation entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour définir une meilleure répartition entre salaires et profits.
Certains économistes, toutefois, restent sceptiques sur le retour d'un tel concept, avec lequel un Hervé Gaymard déstabilisé par l'affaire de son appartement a assuré être « complètement d'accord ». Ainsi, Michel Devilliers, responsable de la conjoncture à l'Insee, rappelle par exemple que « les entrepreneurs français voient pratiquer de la "désinflation compétitive" » en Allemagne » et que « la concurrence interne dans la zone euro peut devenir redoutable ». En effet, selon Eric Chaney, directeur de Morgan Stanley, les salaires ont augmenté Outre-Rhin de 40% entre 1991 et 1996, tandis qu'en France, ils ne progressaient que de 15% : résultat, aujourd'hui, l'Allemagne « fait de la déflation salariale, de manière intelligente en faisant travailler plus pour le même salaire ». Ce qui procure aux entreprises de ce pays un avantage compétitif sur les françaises. Conclusion, selon lui, en économie ouverte, une politique des revenus risquerait de faire plus de tort que de bien.
Que faire des profits-records de l'or noir ? - Le Monde - 18/02/2005
Avec 85 milliards de dollars de bénéfices nets cumulés pour les cinq majors mondiales, l'industrie pétrolière dispose d'une force de frappe sans précédent. Une puissance financière sous-utilisée, faute de gisements où investir. Une nouvelle phase de concentration s'annonce.
....Après ExxonMobil (25,33 milliards de dollars), Shell (18,5 milliards), BP (16,2 milliards) et ChevronTexaco (13,3 milliards), Total a rejoint le club des groupes qui dégagent des profits à deux chiffres (en milliards de dollars) : 11,2 milliards en 2004 (9 milliards d'euros). "Et le meilleur est encore à venir", a lâché le directeur général de BP, John Browne, avec gourmandise lors de la présentation des comptes, le 6 février....
.... + 23 % pour Total (le résultat le plus fort jamais réalisé en France),..........
Les profits grimpent, les syndicats demandent une hausse des salaires - Le Monde - 18/02/2005
Les syndicats se sont indignés, vendredi, de l'explosion des profits et dividendes des entreprises, ne générant ni emploi ni hausse du pouvoir d'achat. Ils ont demandé au gouvernement une impulsion politique pour une augmentation des salaires. Ces revendications figureront en bonne place lors de la mobilisation prévue le 10 mars. M. Raffarin a de son côté appellé à plus de "partage" des "fruits de la croissance".
Jean-Pierre Raffarin demande davantage de "partage". Vendredi soir 18 février, alors que la polémique enflait, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a demandé que les entreprises "partagent" davantage leurs profits, notamment avec leurs salariés, promettant de prochaines propositions à ce sujet. Le premier ministre a ainsi appelé les entreprises à partager davantage les fruits de la croissance avec les salariés au regard des profits records enregistrés par certains groupes pour l'exercice 2004. Lors d'un déplacement au Perreux (Val-de-Marne), le premier ministre a annoncé qu'il ferait prochainement des propositions "pour permettre aux entreprises de développer les droits des salariés en termes d'information et en termes de participation aux fruits de la croissance".
"Il faut partager avec les actionnaires, avec les salariés et notamment avec les salariés-actionnaires", a-t-il lancé. Jean-Pierre Raffarin a estimé qu'il fallait revenir sur ce sujet "aux sources du gaullisme" et "développer la participation". "Nous avons réussi à avoir 2,5 % de croissance en 2004, ce n'est pas moi qui les ai faits, ce sont les Françaises et les Français et ils ont droit au partage de la croissance".
Le premier ministre a également fait part de son souhait de baisser les prix "de 5 %" dans la grande distribution grâce à la réforme de la Loi Galland. "Je ne veux pas supprimer la loi Galland mais la renforcer. Mettre de la transparence dans la coopération commerciale. Ce n'est pas toujours clair, c'est souvent opaque. (...) Nous souhaitons avec Christian Jacob des contrats de coopération transparents."
Réactions vigoureuses des syndicats et de l'opposition. La CGT et le Parti communiste avaient auparavant insisté sur la nécessité de revaloriser les salaires en France au regard des profits records enregistrés en 2004 par plusieurs entreprises françaises cotées en Bourse. Un tiers des bénéfices réalisés par les entreprises françaises concerne les 25 plus grands groupes du CAC 40.
Le député PS Henri Emmanuelli (courant Nouveau Monde) a ainsi stigmatisé l'"indifférence" du gouvernement "face à la situation sociale" et aux "dividendes indécents" reversés aux actionnaires. De son côté, Marie-George Buffet (PCF) a jugé "choquant" l'écart entre ces profits et la multiplication des "plans sociaux" et des "délocalisations".
Les syndicats ont réaffirmé leur exigence d'une ouverture rapide de négociations salariales dans le privé comme dans le public. CGT, FO, CFTC, Unsa et Union syndicale Solidaires ont fait de la hausse des salaires une revendication phare - avec le temps de travail et l'emploi - de la journée de grèves et de manifestations à laquelle ils appellent le 10 mars.
Pour Michel Lamy, secrétaire national et économiste de la CFE-CGC, les "résultats mirobolants" des entreprises du CAC résultent d'une "exploitation forte des salariés et des entreprises sous traitantes" et il convient d'avoir "un débat national" sur le sujet. Alain Olive (Unsa) juge que privilégier les actionnaires et non les salariés dans le partage des bénéfices "pose problème".
"Quand on voit les résultats financiers des entreprises du CAC 40, on se dit qu'aujourd'hui, c'est le jackpot pour les actionnaires et les fonds de tiroir pour les salariés", s'est exclamé Jean-Claude Mailly (FO). Comme Jacques Voisin (CFTC) et la CGT, il réclame la convocation rapide de la commission nationale de la négociation collective, qui comprend l'Etat et les partenaires sociaux. M. Voisin a fait valoir que "70 à 80 % des branches ont aujourd'hui des minima au-dessous du Smic".
A la CGT, Jean-Christophe Le Duigou exige un "rééquilibrage tous azimuts", alors que la part des profits dans la valeur ajoutée a grimpé depuis 1982 "de 32 à 40 %". "Salaires c'est le moment !", proclame à l'adresse des salariés Bernard Thibault (CGT), soulignant que l'explosion des bénéfices est "payée au prix fort" par le "monde du travail".
Pour l'Union syndicale Solidaires, Annick Coupé, juge que "l'explosion des bénéfices" pose la "question de fond" d'un "plus juste partage des richesses".
Cette intervention du premier ministre est donc apparue comme un premier geste à l'adresse de syndicats qui réclament un nouveau partage des richesses entre profits et salaires. Ils ont en effet vivement réagi à l'annonce en cascade de bénéfices et dividendes records versés pour 2004 par les entreprises stars du CAC 40 : TotalFinaElf, Renault, L'Oréal, Arcelor, etc..
Le Medef refuse de commenter. Le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, ne souhaitait pas s'exprimer sur le sujet vendredi, selon un porte-parole. Mais le patronat conteste que le partage de la valeur ajoutée entre entreprises et salariés se soit dégradée. Le Medef met régulièrement en avant la hausse de 17 % du Smic en quatre ans, dans le cadre de son harmonisation, pour réfuter toute idée de baisse du pouvoir d'achat.
Les syndicats font valoir que si la consommation est restée soutenue en 2004, portant la croissance (2,3 %), c'est au prix d'une forte ponction sur l'épargne des ménages, les limites étant aujourd'hui atteintes.
Avec AFP et Reuters
Total passe la barre des 9 milliards d'euros de profits - L'Expansion - 18/02/2005
Le groupe pétrolier français a établi en 2004 un nouveau record de bénéfices pour une entreprise hexagonale. Un succès dû notamment à la flambée des prix du pétrole. Les actionnaires sont choyés avec un dividende en hausse de 15%.
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2004 marque une nouvelle année record pour Total qui publiait ses résultats annuels ce jeudi. Avec 9,04 milliards d’euros de bénéfices net pour un chiffre d’affaires de 122,7 milliards (+17%) en 2004, Total pulvérise non seulement ceux de ses exercices précédents (avec une hausse de 23 % par rapport à 2003) mais améliore également le record de profits pour une entreprise française, qu'il détenait déjà. Cette performance doit bien sûr être relativisée à la lumière de celles de ses concurrents internationaux. Car exprimé en billets verts, le bénéfice de 11,2 milliards de dollars de Total reste encore bien loin des 25,3 milliards de dollars de l’américain Exxon Mobil, des 18,5 milliards du Néerlandais Shell ou les 16,2 milliards du britannique BP. Cela dit, le groupe français n'a pas à rougir de sa rentabilité nette car tous ces géants ont des chiffres d'affaires près de deux fois supérieurs (265 milliards de dollars pour Shell et 298 milliards pour Exxon Mobile).
Le PDG de Total ne s’est donc pas privé d’afficher sa satisfaction. Pour Thierry Desmarest, ce succès est le fruit d’une « conjonction d’un prix du pétrole brut très élevé (38,3 dollars en moyenne le baril de Brent, soit +33% sur 2004, ndlr), d’une hausse marquée des marges de raffinage et du rebond, au deuxième semestre, des marges pétrochimiques.» En dépit aussi d’une fiscalité moyenne plus forte en 2004 qu’en 2003 et d'un taux de change défavorable à l’entreprise française. L’avenir semble prometteur au PDG du groupe qui table sur une demande encore « vigoureuse » en 2005 même si peu être moins soutenue. Le prix du brut devrait rester encore assez élevé selon Thierry Desmarest même si lui même n’est « pas partisan d’une hausse trop forte des prix du pétrole ». Il ne « faut pas forcer trop vite les substitutions d’usage du pétrole » en recourant à d’autres énergies, s’est-il justifié. Avec un portefeuille de gisement de gaz et de pétrole bien réparti dans le monde, Total est rassuré quant à sa production. L’entreprise table sur des réserves prouvées et probables d’une durée de vie d’au moins 20 ans, au rythme actuel de la production.
Fort de ses résultats records, le groupe va fortement accroître ses investissements, à hauteur de 12 milliards de dollars en 2005 contre 9,5 milliards en 2004. Essentiellement pour des projets d’exploitation-production (70%), notamment en Russie et Moyen Orient, mais aussi de raffinage (20%) puisque la demande se porte de plus en plus sur des produits « légers ». Le groupe va aussi choyer ses actionnaires. Total a prévu d'augmenter son dividende au titre de 2004 de 15%, à 5,40 euros par action. Soit un total de 3,4 milliards d'euros. Les 47.000 salariés actionnaires (sur 110.000), qui détiennent 3,4% du capital, toucheront donc leur part. Quant aux autres, ils devront se "contenter" de l'intéressement et de la participation, qui représentait en 2003 une enveloppe de 8% de la masse salariale, soit une moyenne de 4500 euros par salarié.
Les bénéfices pleuvent sur le CAC 40 - L'Expansion - 18/02/2005
Bon nombre de firmes du CAC n'ont jamais été aussi bénéficiaires qu'en 2004. Que ce soit dans la finance ou l'industrie. L'un des effets d'une mondialisation digérée.
Total bien sûr, mais aussi Arcelor et L'Oréal pour la seule journée de jeudi. Soit à elles trois, la bagatelle de 15 milliards d'euros de profits récoltés l'an dernier. Il y a peu, Renault, BNP Paribas ou la Société Générale affichaient des peformances quasi similaires. Autant dire là encore des milliards d'euros à foison. La vague des résultats annuels n'est pas encore terminée que se profile déjà une tendance choc : jamais les plus grandes entreprises françaises n'ont engrangé autant de bénéfices. Et ce, tous secteurs confondus. Dans la banque ou l'industrie. Que ce soit l'énergie, l'automobile, la sidérurgie, la banque ou les cosmétiques, les poids-lourds du CAC surfent sur des profits records. Si pour l'heure, seules treize firmes de l'indice vedette parisien ont dévoilé leurs performances 2004, il est fort à parier que les deux tiers restantes suivront pour une large part le mouvement.
A cela, on peut avancer une explication simple. Toutes ces firmes touchent aujourd'hui d'une certaine manière les dividendes parfois amers d'une décennie de restructurations massives (réductions de coûts, délocalisations...) et de redéploiement sur des marchés émergents (l'Asie en général et la Chine en particulier) ou dominants (Etats-Unis, Japon); et ce n’est pas un taux de change défavorable euro/dollar qui viendra brider l’euphorie. Ce qui laisse entendre aussi que le phénomène peut se poursuivre pendant quelques temps encore. « On n'est nullement dans une logique de feu de paille. Ces entreprises sont devenues des global player, note Patrice Gaudry, chef économiste au sein de la société suisse Union bancaire privée. Elles se sont ajustées à la nouvelle donne en adoptant les business model en vigueur aux Etats-Unis et au Japon. Autrement dit, accrochées au cycle mondial, ces multinationales françaises ont totalement intégré la nécessité pour elles d'aller chercher ailleurs des relais de croissance, dès lors que la consommation dans leur zone de prédilection (en l'occurrence la France) évolue toujours un peu sous contrainte ». De fait, c'est Renault (3,5 milliards d'euros) qui profite à plein de son allié nippon, Nissan ; c'est Arcelor (2,3 milliards) et Total (9 milliards) qui sont dopés, l'un par l'envolée des cours de l'acier liée à la demande chinoise, l'autre par ceux du brut ; c'est encore L'Oréal (3,6 milliards) qui exploite au mieux sa percée sur le marché chinois avant de s'attaquer au juteux marché des cosmétiques ethniques aux Etats-Unis. Guillaume Evin
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